Les bidonvilles

 

1) Introduction :

     Les bidonvilles sont aujourd'hui une réalité avec laquelle il faut compter. Ils constituent sans aucun doute le problème numéro un de l'habitat dans le monde. Si la préservation de l'architecture est relativement importante, l'accès à un logement décent est fondamentale. Il me semblait donc essentiel de réaliser un chapitre sur les bidonvilles, ces quartiers "pauvres" que les gouvernements tentent bien trop souvent de cacher.

2) Généralités

     On constate que depuis quelques décennies, une croissance sans précédent s'opère dans les grandes villes du monde entier. Cet accroissement est surtout très prononcé dans les quartiers informels que l'on appelle bidonvilles. Aujourd'hui un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles soit un habitant sur six dans le monde ou encore un tiers de la population urbaine dans le monde. Un chiffre alarmant et en constante augmentation. Ces quartiers sont dûs à une croissance naturelle mélangé à un taux de mortalité en baisse, engendrant une forte augmentation démographique. A cela s'ajoute un fort exode des populations rurales vers les villes. Ne pouvant accéder à une quelconque propriété, par manque de moyen, les nouveaux arrivants s'entassent dans ces quartiers et construisent des abris de fortune. En fait, les pays du tiers monde vivent aujourd'hui leur première phase d'instrualisation et connaissent les mêmes problèmes qu'en Europe, il y a un siècle tout en sachant que leur boum démographique intervient en même temps que leur industrialisation, ce qui rend les choses plus difficile.

     Les quartiers informels sont des zones urbaines qui n'apparaissent sur aucun plan urbain. Leurs occupants ne sont ni propriétaires, ni locataires du terrain et les constructions sont juridiquement illégales. N'apparaissant sur aucun plan d'urbanisme, ils ne peuvent bénéficier des aménagements urbains tel que les réseaux routiers, les égouts, l'aduction en eau, l'électricité, ... Dès lors de nombreux problèmes en résultent. Criminalité, sous-alimentation, pauvreté la plus totale, insalubrité, maladie et j'en passe. Pour vous donner un exemple, on estime que le taux de mortalité infantile est trois fois plus important dans les bidonvilles que dans les quartiers riches. Les bidonvillois doivent également faire face à des problèmes quotidiens. Par exemple, étant donné l'inexistance de réseaux routiers digne de ce nom, il est parfois bien difficile d'accéder à la ville ce qui isole un peu plus encore ces districts.

     Les municipalités quant à elles ne se préoccupent guère de ces secteurs. D'abord en ne les incérant pas dans leurs plans d'urbanisme, en les cachant ou pire, en les détruisant. Ainsi à Manille, capitale des Phillipines, chaque année le gouvernement procède à des destructions de quartiers entiers tuant des gens, séparant des familles et détruisant souvent un réseau qui s'était établi au sein de la communauté des bidonvillois. Femmes et enfants se retrouvent dans différents camps tandis que les hommes restent en ville dans l'espoir de trouver du travail. De même à Phnom Penh, capitale du Cambodge, des secteurs prennent régulièrement feu sans que personne n'intervienne. Nul ne connaît la source de ces incendies mais cela arrange tout de même bien le gouvernement. De manière général, les municipalités tentent de cacher leurs bidonvilles, jugés nocif à "l'image du pays", au tourisme et aux investisseurs étrangers. Le recours systématique à la violence prouve parfaitement l'incapacité des gouvernements à gérer le problème de surpopulation mais surtout leur manque de volonté d'améliorer quoique ce soit dans les quartiers informels.

 

3) Les bidonvilles :

Bidonvilles à Nairobi. D'après des statistiques récentes, près de 60 % de la population de Nairobi, soit 1,4 millions sur les 2,3 millions d'habitants que compte la ville, vit dans des bidonvilles.

On compte plus d'une centaine de bidonvilles éparpillés en ville et en périphérie. Ces constructions s'entassent toutefois sur moins de 5 % de la surface résidentielle de la ville.
Les bidonvilles de Nairobi sont les plus importants d'Afrique. Ils sont également les plus surpeuplés, les plus insalubres et les plus dangereux du monde.
Les métiers informels s'y développent aussi créant une véritable ville dans la ville.
Les services publics inexistants ou rudimentaires se limitent à des sentiers de terre, des canalisations de terre, des points d'eau collectifs et des fosses d'aisances qui se partagent jusqu'à 60 personnes.

La pollution est omniprésente et existe sous toutes les formes.

En Inde cette fois-ci, les bidonvilles et les communautés de squatteurs prennent différentes formes. Bombay est par exemple connue pour ses habitations de trottoirs. Ses bidonvilles sont les plus importants d'Asie du Sud.

Bien souvent les bidonvilles se rencontrent aux bords des voies ferrées.
Là encore, la pollution et l'insalubrité sont omniprésentes.
Et la densité de population est tout aussi effrayante.

Comme à Nairobi (et comme partout ailleurs) les métiers informels se développent.

(Survolez la photo pour zoomer).

Au Cambodge, la ville de Phnom Penh n'échappe pas non plus à l'accroissement des bidonvilles.
Phnom Penh est connue pour avoir des bidonvilles sur le toit des immeubles.

Ainsi toute une ville existe au-dessus du reste de la ville.

(Survolez la photo pour zoomer).

De la même façon qu'en Inde, les squatteurs s'installent le long des voies de chemin de fer.
Mais Phnom Penh est une ville en expansion. Chaque année, 3000 nouveaux logements informels voient le jour.
Mais les constructions ont une meilleure allure que ceux rencontrées à Nairobi ou en Inde.
Si les bidonvilles sont la plupart du temps isolés et cachés, certains, comme ceux-ci se trouvent sur le lac de Phnom Penh, en face de la principale rue touristique qui abrite la majorité des guests house de routards.
Certaines personnes n'ont même pas les moyens de se construire des abris de fortune. Ils trouvent refuges comme ils le peuvent notamment dans des wagons abandonnés.

(Photo emprunté du Site Internet : www.fraternet.com, voir ci-dessous)

J'ai eu l'occasion de voir les bidonvilles de Nairobi, ceux de Bombay, Delhi, Calcutta, ceux de Phnom Penh et j'aurai encore l'occasion d'en voir. Mais les bidonvilles existent dans toutes les villes des pays en voies de développement et s'accroissent à grande vitesse.



4) Quelles solutions pour améliorer les bidonvilles :

     Bien sur les solutions existent et sont même multiples. D'abord les bidonvilles devrait figurer sur les plans d'urbanisme pour permettre une gestion cohérente et une meilleure intégration des quartiers informels dans la ville. Ensuite, des parcelles pourraient être créées pour recevoir ces populations ce qui éviterait les constructions désorganisées. De plus, au sein des bidonvilles les habitants pourraient se concerter pour travailler ensemble sur des projets concrets. Ce genre de démarche permettrait petit à petit d'améliorer les conditions sanitaires, les différents réseaux et de diminuer la pollution, véritable fléau et vecteur de maladie. Divers projets pilotes ont vu le jour dans certaines villes d'Afrique, d'Amérique Latine ou d'Asie, visant, grâce à la solidarité des gens de trouver des fonds, gérer les déchets, ... Mais ce genre de démarche devrait à présent se généraliser. L'appui de la communauté internationale est aussi d'une grande importance car elle permet de réunir des fonds collossaux mais apporte aussi ses connaissances. Toutefois, la corruption qui sévit dans ces pays diminue considérablement l'apport financier. On estime que sur une somme mobilisée, seul 3 à 5 % est réellement utilisé pour le projet en question. Le reste servant de backhish aux différents niveaux hiérarchiques.

     Les solutions pour la réhabilitation et l'assainissement des bidonvilles sont nombreuses. Mais ces projets sont coûteux et pas assez rentables. Il est en effet tellement plus lucratif de développer des projets d'ampleur visant à construire hôtels et centres commerciaux, constituant une véritable vitrine au monde extérieur, derrière laquelle se cache une pauvreté bien réelle.

 

5) Quelques liens utiles :

www.hudco.org

www.unesco.org

www.unhabitat.org

article sur les bidonvilles de manille

campagne pour les droits fonciers à Nairobi

interview de John Abbott, urbaniste sud-africain : résoudre le tissu urbain

 

 

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