|
L'Habitat en Egypte
1) Généralités : L'Egypte, pays au climat aride et chaud est en grande partie désertique. Le principal problème de ce genre de climat est qu'il fait chaud le jour et froid la nuit. Que ce soit à l'Est avec le Sinai, à l'Ouest avec le désert lybien ou dans le Sud, on ne trouve généralement que des territoires chauds et désertiques. Seul le delta du Nil et les contrées tout au long de ce fleuve bénéficient davantage de verdure. Ainsi, le principal matériau, pour ne pas dire l'unique est la terre, comme dans beaucoup de pays aux problématiques identiques. L'Egypte compte plusieurs types d'habitat traditionnel. On distingue l'habitat du bord de mer, celui du Sinai, celui de l'Ouest (désert Lybien), celui du Caire (qui compte environ sept types différents), celui du Centre, au niveau de Louxor et celui du Sud. Je présenterai essentiellement celui du Sud, à savoir, l'habitat traditionnel Nubien. Les maisons traditionnelles, dans toute l'Egypte sont construites en terre, ou plus exactement en brique de terre cru que l'on appelle adobe, faite à partir d'un mélange de terre, d'eau et de paille. Le coût de fabrication est très faible et les qualités d'isolation de la terre sont remarquables. A titre d'exemple, pour obtenir la même isolation qu'un mur en terre de 30 cm, il faut un mur en béton d'une épaisseur de 1,1 mètres. Il est isolant quelque soit la saison puisqu'il conserve la fraicheur en été et la chaleur en hiver, tout le contraire du béton, qui lui donne du froid en hiver et du chaud en été. Les maisons en terre ne possèdent pas de chauffages ou de climatisations. Ils utilisent uniquement la cheminée en hiver, mais à entendre les habitants, ils ne l'utilisent que 2 ou 3 fois par an, la terre faisant le reste du travail. Ainsi, à moindre coût, la terre donne le meilleur résultat en terme d'isolation. Ensuite, l'orientation des maisons joue un rôle très important. Celle-ci doit être un compromis entre l'orientation idéale vis-à-vis du soleil et vis-à-vis du vent. Pour se protéger du soleil, l'idéal est de placer le grand axe de la maison Est-Ouest. Mais l'orientation du vent est principalement Nord-Ouest. ainsi, le meilleur compromis serait Est, Nord-Est - Ouest, Sud-Ouest. L'utilisation de la terre et la bonne orientation permettent déjà de réduire considérablement la température intérieure. De plus, on peut présenter deux techniques que l'on retrouve dans d'autres pays arabes, à savoir les malqafs et les mashrabiyas. Les malqafs sont des ouvertures placées au point le plus haut de la maison (pour obtenir un air plus propre et plus véloce), permettant d'introduire de l'air dans la pièce principale. Cette pièce est généralement en hauteur (pour une meilleure circulation) et reçoit un toit en voûte. Les mashrabiyas quant à eux sont des grilles placées en façade permettant de laisser passer l'air tout en filtrant le soleil (les mashrabiyas permettent également aux femmes de rester près de la fenêtre sans être vues). Une bonne disposition de ces éléments, ainsi qu'une bonne orientation du vent peuvent réduire de plus de 10°C la température intérieure par rapport à l'extérieur. L'habitat nubien utilise ces deux techniques, mais une des techniques qui caractérise le plus cet habitat est la voûte. Le toit en voûte est le moyen le plus adapté et le plus efficace pour repousser les radiations solaires. Les villages nubiens sont également réputés pour leur disposition extrêmement efficace pour lutter contre le soleil. Un village nubien est constitué de maisons toutes collées les unes autres autes, créant ainsi des rues étroites et ne recevant du soleil qu'une à deux heures par jour, lorsqu'il se trouve au zénith. Par conséquent, un air frais circule dans ces rues, rafraichissant les maisons, qui évacue à leur tour l'air chauffé par des ouvertures internes.
2) L'habitat Egyptien :
Tout d'abord, les anciennes constructions présentent énormément de défauts qu'il faut modifier. Ce sont par exemple les canalisations bien souvent inadaptées, mal disposées ou encore les murs en terre qui n'ont pas de connections entre eux et qui peuvent par conséquent tomber pour peu que l'on pousse dessus. Il y a donc pour la réhabilitation, tout un travail d'analyse et de préparation pour savoir comment aborder un chantier. Aujourd'hui le problème le plus courant dans beaucoup de pays est l'abandon des techniques traditionnelles pour l'utilisation du béton, souvent synonyme de durabilité, de confort et de richesse (le béton est considéré comme un matériau noble !). Or nous savons bien aujourd'hui que ce matériau n'est ni plus durable, ni plus confortable, ni plus économique. Par conséquent, il faut aujourd'hui réapprendre les techniques utilisées auparavant et persuader les gens que les anciennes techniques ne signifient pas forcément construire "rétro" ou être "dépassé". De plus, en Egypte un autre problème empêche la restauration et l'utilisation des techniques traditionnelles. Il s'agit tout simplement des mentalités des gens qui, pour le moment ne sentent pas forcément l'importance de la conservation de leur patrimoine et ne pensent qu'à construire à l'image des pays développés, des hôtels et des maisons touristiques, qui mettent en avant une vitrine luxueuse mais qui n'est surtout pas adaptée au climat aride de l'Egypte. Toutefois, des personnes et des organisations réussissent à construire en utilisant des techniques et des matériaux traditionnels proposant ainsi à leurs clients, des habitations moins chers (pouvant être à qualité égale moins coûteuse d'un tiers), plus confortables et plus jolies. Constatant l'efficacité de leurs constructions, ces personnes sont définitivement convaincues que le futur modernisme alliera traditionnalisme et modernisme. En effet, si vous proposez à un client une maison plus confortable, moins coûteuse en entretien, d'une belle architecture, durable, écologique et ceci à pratiquement moitié prix il ne peut que être intéressé. En revanche, proposer de construire en terre n'intéresse que peu de personnes, voyant en ce matériau quelque chose de péjoratif. C'est finalement sur les mentalités et sur l'information qu'il nous faut le plus influer, peut-être est-ce là le premier travail à faire.
|
![]() |