L'Habitat au Liban

 

1) Généralités

      Situé sur les bords de la méditerranée, le Liban est tout en relief. En plus d'être méditerranéen, c'est en effet un pays montagnard (sommet à 3088 mètres). La donne climatique est donc d'emblée intéressante mais à la fois complexe. Ce climat particulier va donner au Liban l'avantage d'avoir une variété de matériaux de construction. La pierre, le bois et la terre bien sûr se trouvent aisément et seront donc les matériaux prépondérants dans l'habitat traditionnel, alors que la Syrie à l'Est et la Palestine au Sud n'ont à leur disposition bien souvent que la terre.

      La maison Libanaise va avoir pour vocation première de protéger ces habitants du chaud. Même s'il est montagnard, le Liban reste un pays du Moyen-Orient et au climat chaud (35°C au plus chaud de la saison estivale avec un fort taux d'humidité). On va donc trouver des murs en pierre d'une épaisseur variant de 50 cm à un mètre, des ouvertures stratégiquement orientées, une toiture-terrasse dans le cas des maisons fermières pouvant ainsi servir de différentes manières.

     Ensuite, le Liban est, en terme architectural, situé au croisement de deux influences, celle du monde occidental et celle du monde orientale. Ajoutez à cela une multitude de matériaux disponibles et vous comprendrez aisément que l'architecture Libanaise soit particulière et unique, subtile mélange entre une maison orientale et une maison méditerranéenne.

      De plus, le Liban fait 250 km de long et 50 km de large (à l'endroit le plus large). Il est de la taille d'une région française et son architecture est donc relativement peu variée. Nous retrouvons généralement pour l'ensemble du Liban deux grands types de construction : les maisons traditionnelles à caractère fermier plutôt dans les montagnes et les maisons traditionnelles urbaines. On peut ajouter que les villes et villages du Liban étaient autrefois constitués uniquement de maisons individuelles accollées les unes aux autres. L'habitat collectif n'existait pas ou très peu.

 

2) Habitat du Liban

Maison urbaine typiquement libanaise, facilement reconnaissable à ses grandes arcades.

On retrouve encore ces caractéristiques libanaises, à savoir un toit à quatre pans en tuile et des arcades en façade. Cette maison, ainsi que la photo précedente sont situées en bord de mer, mais vous pourrez remarquez par la suite, qu'elles sont du même style que d'autres maisons plus en altitude.

Une maison laissée à l'abandon en plein centre-ville de Jounieh (Nord de Beyrouth, en bord de mer). Ce genre de bâtisse abandonnée n'est pas rare au Liban, bien qu'elles trouvent généralement acquéreur pour être restaurée. On peut noter toutefois, qu'en centre-ville (ou plutôt en bord de mer, à cause de l'étalement urbain) elles sont plutôt remplacées par des immeubles.

(survolez la photo pour en voir un exemple).

Voici l'exemple d'une maison restaurée, qui respecte les matériaux et l'architecture traditionnelle avec toutefois un apport moderne.
Si sur cette photo, on ne peut voir les arcades (elles sont en façade, orientées vers la route) mais on peut encore remarquer le toit à quatre pans en tuile et des arcades coiffant les fenêtres centrales du balcon. Cette maison se trouve en montagne (1200 mètres environ) et les caractéristiques des premières images se retrouvent encore ici.
Un peu plus loin, toujours en montagne, deux maisons construitent à l'identique.

Sur cette photo, une technique bien Libanaise pour construire les escaliers. Les efforts engendrés par le premier étage sont direrctement envoyés au sol.

(Survolez la photo pour voir un autre escalier).

Après avoir présenté les maisons urbaines Libanaises, voici les maisons que l'on pourrait qualifier de fermière. Elles sont avant tout fonctionnelles. Les différents étages servaient autrefois (et encore aujourd'hui) pour les animaux, les outils, le bois, la famille, etc. En terme de fonctionnement et d'utilisation, elle pourrait être comparée aux chalets savoyards, présentés précédemment.
Intérieur d'une maison fermière vieille de plus de 200 ans. Les murs sont entièrement en pierre, la toiture-terrasse totalement en bois. On peut remarquer le poteau central fait uniquement par superposition de pierres (les autres poteaux étant identiques). Cette maison fonctionne encore comme une ferme. La cuisine par exemple tout comme les toilettes d'ailleurs sont dans des bâtiments séparés. Seul le salon et la chambre à coucher sont dans le bâtiment principal.
Maison restaurée sur une base de maison fermière. Vous remarquerez qu'aucune décoration (arcades, balcons, etc.) n'existe comme on pourrait le voir dans les maisons urbaines. L'aspect rudimentaire et fonctionnel (au départ) ont donné des formes architecturales simples.

 

3) Les principaux problèmes de l'habitat traditionnel au Liban

      Les problèmes existants aujourd'hui au Liban sont nombreux en architecture comme pour le reste. Ce pays se remet doucement d'une vingtaine d'années de guerre et tente de tourner la page en regardant l'avenir. En terme d'habitat, les choses ne sont pas simples non plus. Nous pouvons tout d'abord évoquer l'urbanisation qui est des plus sauvages. Des immeubles poussent comme des champignons et s'étendent sur tout le littoral. Beyrouth et Jounieh (villes côtières), autrefois séparées par de nombreux villages et par plusieurs kilomètres ne font plus aujourd'hui qu'une unique mégalopole. Les villages sont pour ainsi dire, devenus des quartiers.

      Ensuite, l'immobilier devient de plus en plus cher au Liban. Il n'est donc pas évident de restaurer une maison, surtout à l'identique. Les matériaux utilisés autrefois, comme la pierre, bien plus cher que le béton, demande un investissement lourd. Cela constitue un frein important à la restauration, et à la construction. Une maison traditionnelle devient alors une maison réservée à une élite.

      Toutefois, la maison traditionnelle a une bonne image au Liban. Bons nombres de personnes tiennent à cette architecture et les gens ayant les moyens de construire à leur guise, font, bien souvent appel aux techniques et aux matériaux traditionnels. Il y a donc bon espoir de voir perdurer l'architecture libanaise.

 
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